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Quand les relations vous rendent malade.

  • Photo du rédacteur: Ellen Rabaey
    Ellen Rabaey
  • 12 déc. 2025
  • 6 min de lecture

L'influence des dynamiques toxiques sur le mode de vie : un facteur sous-estimé


Dans le domaine du bien-être, on parle souvent de nutrition, d'exercice physique, de sommeil et de stress. On sait aussi combien le soutien social est important. Mais considérons maintenant nos relations : les personnes avec qui nous vivons. Nos relations constituent un environnement à part entière, un contexte qui stimule constamment notre corps, notre système nerveux et notre capacité de récupération.

La recherche démontre clairement l'importance de cet environnement.

Comme l'a montré une méta-analyse exhaustive :


« Le risque de mortalité lié à un manque de liens sociaux est comparable à celui du tabagisme, et supérieur à celui de l'obésité et de la sédentarité. » - Julianne Holt-Lunstad et al., 2010

Il s'agit donc d'une question de vie ou de mort, mais ce n'est pas la quantité de relations qui compte, c'est leur qualité. Une autre étude a affirmé :

« La qualité subjective de la relation prédit des indicateurs de santé tels que le sommeil, la santé métabolique et le risque de maladies chroniques. » (Janice K. et al., 2017)

Il ne s'agit donc pas du type de relation, mais de la qualité du climat relationnel.

Ceci s'applique également aux réseaux sociaux plus larges. Les recherches montrent de façon constante que :

« Un réseau social sain accroît la longévité et la qualité de vie. » (Kharah M. Ross et al.)

Mais cette expression contient un mot crucial : sain. Car que se passe-t-il si les relations pèsent sur votre corps ?


Lorsque les relations deviennent une source de stress chronique


Toutes les relations ne favorisent pas notre bien-être. Parfois, des dynamiques se mettent en place qui ne laissent pas à votre système nerveux l'espace nécessaire pour récupérer : des relations subtilement oppressantes, exigeantes, destructrices, imprévisibles et pesantes.


Dans ma pratique, je constate comment ce poids relationnel se traduit par des symptômes physiques : céphalées de tension, palpitations, épuisement, troubles du sommeil, hypersensibilité, douleurs sans cause apparente.

Ce n'est qu'en étant à l'écoute du corps ensemble que l'on comprend que le stress provient des relations avec autrui.


Une dynamique toxique ne se manifeste pas forcément par un conflit bruyant. Souvent, c'est silencieux, lent, insidieux et perturbateur.


Dynamiques toxiques


Quand on parle de « relations toxiques », on pense parfois trop vite aux personnes toxiques. Mais généralement, il ne s'agit pas de qui est une personne, mais de ce qui se développe entre deux personnes.


La formidable psychothérapeute Esther Perel l'exprime très justement : il s'agit de l'espace entre les personnes. Une même personne peut être chaleureuse, ouverte et attentionnée dans une relation, mais étouffante, oppressive ou destructrice dans une autre. Cela ne signifie pas que la personne a tort. Cela ne signifie pas pour autant que la dynamique est saine.


Perel souligne que toute relation est un équilibre délicat entre deux besoins fondamentaux :

  • Sécurité et proximité : le besoin d'appartenance, d'être soutenu et aimé.

  • Liberté et autonomie : le besoin d'expression personnelle, d'indépendance et d'espace pour s'épanouir.


Lorsque cet équilibre est perturbé – par exemple, lorsque le besoin d'autonomie d'un partenaire engendre un sentiment d'abandon, ou lorsque le besoin de proximité de l'un étouffe l'autre – un schéma se met en place, surchargeant chroniquement le système nerveux.


L'essentiel est donc relationnel : ce qui vous nourrit, c'est essentiellement la qualité des échanges et la capacité de la dynamique à vous permettre d'être à la fois connecté et vous-même.


Ce qui vous rassure est personnel. Ce qui vous nourrit est relationnel. Et les signaux de votre corps sont souvent plus fiables que les interprétations de votre esprit.


Vous ne reconnaissez pas les relations toxiques à leurs manifestations dramatiques, mais à des signaux subtils : vous devenez plus silencieux, plus effacé, plus prudent. Vous commencez à vous légitimer. Vous vous sentez responsable du climat émotionnel. Vous êtes attentionné, mais sans vous mettre en avant.

Et surtout : votre corps se tend, tandis que votre esprit continue de raisonner.


Les effets du stress relationnel sur votre corps


Votre corps n'a pas d'avis sur qui a « raison ». Votre système nerveux n'enregistre qu'une seule chose : sécurité ou insécurité.

Vivre longtemps dans une tension relationnelle maintient le corps dans un état d'alerte constant. Scientifiquement parlant, cela se traduit par : une augmentation des hormones du stress, des troubles du sommeil, une immunité affaiblie, des muscles tendus, une perception altérée de la douleur et un déséquilibre hormonal.


Stephen Porges, fondateur de la théorie polyvagale, l'exprime simplement :

« La sécurité est la première condition de la santé. » Sans un sentiment de sécurité, le corps ne peut récupérer.

Non pas par faiblesse, mais parce que la biologie refuse tout compromis.

Nombreuses sont les personnes qui continuent de fonctionner dans des dynamiques toxiques pendant des années. Elles travaillent, s'inquiètent, rient. Mais tôt ou tard, le corps finira par réagir lorsque l'âme reste silencieuse trop longtemps.


Les stratégies de survie se dissimulent derrière la personnalité.


Ce qui me frappe sans cesse en thérapie, c'est la fréquence à laquelle les gens se condamnent pour des comportements qui étaient en réalité protecteurs.

Perfectionnisme. Loyauté excessive, voire abnégation. Besoin constant de plaire. Évitement. Endurcissement émotionnel. Surmenage. Addictions.


Non pas parce que quelqu'un est comme ça, mais parce que c'est ainsi qu'il a appris à survivre.

Gabor Maté, médecin et spécialiste des traumatismes, écrit à ce sujet :

« Le traumatisme n'est pas ce qui vous arrive, mais ce qui se passe en vous à la suite de ce qui vous arrive.»

Le corps développe des stratégies de survie dans des contextes dangereux. Ces stratégies peuvent se retourner contre nous des années plus tard, mais elles étaient autrefois nécessaires.


Il ne s'agit pas toujours de se briser, mais de s'accepter.


Mettre fin à une relation n'est pas toujours la solution. Mais prendre sa place, si. Toute dynamique malsaine exige une prise de conscience.

Poser des limites ne doit pas être une épreuve. Choisir consciemment l'énergie que l'on reçoit ne l'est pas non plus. Il s'agit de se retrouver, de faire à nouveau confiance à son corps, d'apprendre à dire « non » sans culpabilité. Parfois, guérir signifie :

  • moins d'explications

  • moins de fardeaux

  • moins d'ajustements

  • plus d'écoute de son corps

  • prendre davantage sa place avec douceur

  • être plus authentique

  • enlever ses masques


Le travail le plus important ne se fait pas chez l'autre, mais en soi : prendre sa place, se réapproprier son corps, entendre son « non » sans culpabilité.

Comme l'écrit Sherrie Campbell :

« On ne peut guérir dans le même environnement qui nous a rendus malades. »

Mais parfois, l'environnement ne change pas. Parfois, c'est vous qui changez, et la dynamique se modifie naturellement.


Votre environnement comme remède commence par vos relations.


Vous pouvez décorer votre maison aussi joliment que vous le souhaitez – lumière, tranquillité, matériaux naturels, ordre, douceur – mais si vos relations sont tendues, aucun intérieur ne pourra apaiser votre système nerveux.

Votre environnement le plus important n'est pas votre maison. Ce sont les personnes avec qui vous vivez.

Votre corps réagit plus fortement à un regard qu'à une plante. Plus fortement à une voix qu'à une couleur. Plus fortement sensible à la tonalité émotionnelle qu'à l'esthétique.

Les relations sont des signaux biologiques. Et votre système nerveux est toujours à l'écoute.

La sécurité relationnelle est synonyme de santé. La toxicité relationnelle est une source de stress chronique.


Prise de conscience douce : écouter son corps


On ne prend pas conscience du stress relationnel par la tête, mais par le corps.

Quelques questions pour guider vos sensations, sans chercher à analyser :

  • Comment mon corps se sent-il avant et après un contact avec quelqu'un ?

  • Où est-ce que je me sens épanoui(e) ? Où est-ce que je me sens replié(e) sur moi-même ?

  • Où est-ce que je me sens fluide ? Où est-ce que je me crispe ?

  • Où est-ce que je me sens libre ? Où est-ce que je me sens trop responsable ?

Le corps ne ment jamais. Il murmure d'abord… et s'il n'est pas entendu, il crie.


En conclusion


Un mode de vie sain sans relations saines, c'est la moitié du chemin. L'alimentation, l'exercice, le sommeil et les routines sont essentiels… mais vos relations sont l'oxygène qui vous fait vivre.

Quiconque souhaite véritablement se rétablir peut aussi porter un regard bienveillant sur son entourage, les attentes qui pèsent sur lui ou le pèsent, et l'environnement relationnel dans lequel son corps évolue au quotidien.

Non pas avec jugement, mais avec lucidité.

Car on peut manger aussi sainement qu'on le souhaite… mais dans un environnement relationnel toxique, la paix intérieure est impossible.



Cela vous parle-t-il ? Reconnaissez-vous les signaux d'un corps qui est resté silencieux trop longtemps ? Si vous constatez que le stress relationnel freine votre rétablissement et que vous avez besoin de clarté et d'un accompagnement bienveillant, n'hésitez pas à nous contacter pour explorer ensemble les véritables besoins de votre corps.


 
 
 

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